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Salons et expositions artistiques. 1, Le Salon officiel et ses héritiers

Trouver des informations sur le Salon officiel (1667-1880), ses héritiers et les salons de province.

Pour commencer

Le Salon officiel et ses héritiers à Paris

"Ce Salon à quoi tout se ramène, satisfaction d’amour-propre, considération, notoriété, fortune et le pain quotidien."

Adolphe Tabarant dans La vie artistique au temps de Baudelaire, 1942

 

Le rôle de l'Académie

L’Académie royale de peinture et de sculpture est  fondée en 1648, sous le règne de Louis XIV et l'impulsion de Mazarin, sur le modèle italien, afin de former et rassembler les meilleurs artistes du royaume. Elle sera abolie par la Convention nationale en 1793. Ses fonctions s'organisent autour de l’Ecole royale de peinture et de sculpture qui enseigne la théorie de l’art et le dessin, de l’Académie de France à Rome, qui donne aux lauréats du  Prix de Rome l’opportunité d’étudier la tradition classique in situ, des Conférences, qui proposent un débat public autour des questions de théorie de l’art du moment et  des Salons, expositions des travaux de ses membres.

La création de l’Académie permet aux peintres et sculpteurs  d’échapper à l'autorité des corporations de métiers (Communauté des maîtres peintres et sculpteurs de Paris ou Maîtrise), et de voir progresser leur statut social, d'artisan à celui d'artiste protégé par l'état et la monarchie.

La révolution supprime les académies et crée en 1795 l'Institut national, avec en son sein une classe beaux-arts. En 1816, l'Académie des beaux-arts prend la suite et reprend la plupart des fonctions de l’Académie royale de peinture et de sculpture : organisation des compétitions et prix, rédaction du Dictionnaire de l'Académie des beaux-arts, direction de l'Académie de France, influence sur l'Ecole des beaux-arts, et aussi désormais formation du jury du Salon.

Académie et Salon (1667-1880)

L'Académie royale de peinture et de sculpture, commence à organiser des expositions d'oeuvres de ses membres à partir de 1667. De fréquence irrégulière, annuelle ou bisannuelle, elles sont bientôt dotées systématiquement d'un catalogue (ou livret, le premier date de 1673) (voir la liste de toutes les expositions organisées par l'Académie). Cette exposition prend le nom de "Salon" d'après le "Salon carré" du Louvre où elle se tient de 1725 et jusqu’en 1848.

Le Salon, institution unique en son genre, occupe une place centrale dans la vie artistique en France. Pour les artistes, l'admission au Salon les consacre comme professionnels et est le passage obligé pour lancer une carrière. Il constitue pour eux une des rares opportunités de montrer leur travail, de rencontrer amateurs et critiques et de bénéficier de commandes de l’état. Il a été le lieu essentiel de la naissance de la critique d'art  en France au cours du XVIIIe siècle (voir le mémo : La critique d'art aux salons).

A partir de 1791, tous les artistes, membres ou non de l'Académie sont désormais admis à exposer au Salon. Après la période révolutionnaire, leurs oeuvres sont soumises à un jury.

Au XIXe siècle, le Salon se tient au Louvre jusqu’en 1848, puis en divers lieux, et enfin au Palais de l’Industrie à partir de 1857  (à l’emplacement de l’actuel Grand Palais). Sa fréquence est irrégulière, annuelle ou bisannuelle, ainsi que sa durée, qui varie de quelques semaines à plusieurs mois selon les époques. Son jury est composé essentiellement de membres de l’Académie.

L'organisation du Salon confiée aux artistes en 1881 : le Salon des artistes français

A partir de 1881, l'Etat se retire de l'organisation du Salon (qui n'est plus alors le lieu  principal de la vie artistique) et laisse les artistes s'organiser en association. La Société des artistes français nait en 1882. A partir de 1900, le Salon des artistes français se tient au Grand Palais.

Scission : naissance de la Société nationale des beaux-arts en 1890

La fin du siècle est marquée en 1890 par une scission au sein de la Société des artistes français donnant naissance à la Société nationale des beaux-arts. Cette dernière organise son salon concurrent au Palais des beaux-arts du Champs de Mars.

Dans le même temps, de nouveaux salons apparaissent, organisés par des sociétés d'artistes de plus en plus identifiés à des courants esthétiques particuliers, certaines expositions servant de "manifeste" à tel ou tel courant d'avant-garde (voir le mémo : Nouveaux salons et expositions après 1880).

Base de données : Salons 1673-1914

 

Salons 1673-1914 (Musée d'Orsay - INHA) - Service des musées de France

La base Salons a pour objectif de rendre accessible en ligne et interrogeable, le contenu textuel des catalogues des principales expositions de groupe en France de 1673 à 1914.

  • salons artistiques parisiens (Salon officiel, Salons des Artistes français, Salon de la Société nationale des Beaux-Arts, Salon d’Automne…),
  •  salons de province,
  • principales expositions de groupes (expositions impressionnistes, Rose-Croix…) 

Attention, la base est  en cours d'enrichissement et ne permet pas, à ce jour, la recherche sur le contenu de l'ensemble des catalogues de la période. Pour connaiître  les catalogues dès à présent  intégrés dans la base, cliquer sur "liste des livrets".

Il est ainsi possible d'effectuer des requêtes croisant des éléments relatifs :

  • au salon (année, ou sur plusieurs années, ville, type d'exposition),
  • à l'exposant (nom, adresse, professeurs, lieux de naissance),
  • aux oeuvres exposées (titre par mot-clé, catégorie, propriétaire, matériaux, iconographie )

La collection Deloynes

                                  

 

La collection Deloynes, conservée au Département des Estampes et de la photographie, entièrement numérisée dans Gallica, mêle livrets de salons (expositions organisées par l'Académie royale de peinture et sculpture et expositions de l'Académie de Saint Luc), textes critiques savants ou satiriques (Diderot, Bachaumont), transcriptions d’articles de périodiques, jugements d’amateurs. Réunies en 66 volumes, ces pièces imprimées et manuscrites sur l’histoire de l’art et des artistes français concernent la période 1673-1808.

Inventaire de la collection Deloynes :

- Catalogue de la collection de pièces sur les beaux-arts, imprimées et manuscrites, recueillie par Pierre-Jean Mariette, Charles-Nicolas Cochin et M. Deloynes, auditeur des comptes, et acquise récemment par le département des estampes de la Bibliothèque nationale / par Georges Duplessis,... Paris : A. Picard, 1881. 224 p.

Les volumes sont dotés d'une table des matières.

Les salons réguliers au Département des Estampes

Les collections concernant les salons sont partagées entre le site François-Mitterrand (Bibliothèque de recherche) et les départements spécialisés du site Richelieu. Le Département des Estampes et de la photographie a rédigé, en 2002, un document de synthèse sur ses collections relatives aux salons réguliers (livrets, salons illustrés, salons caricaturaux, albums photographiques, archives, bibliographie...). Il indique aussi des fonds dans d'autres bibliothèques.

- Les salons réguliers  : présentation des collections du Département des Estampes et de la photographie de la Bibliothèque nationale de France, complétées par les collections...  : Salon officiel, Salon de la Société nationale des beaux-arts, Salon des Artistes indépendants, Salon d'Automne, Salon d'Architecture complétés par la section artistique des expositions universelles parisiennes / Morwena Joly. Paris : BnF, Département des Estampes et de la photographie, 2002

 

Une partie de ces informations est reprise dans ce mémo.